L’EMBA comme antidote à la solitude

La solitude au travail… et en gestion

Dans son article «La solitude au travail» publié récemment dans La Presse, Alain Gosselin, professeur à HEC Montréal et à l’EMBA McGill-HEC Montréal, rappelle que les relations amicales au travail ont un impact direct sur la satisfaction, l’engagement et même la santé mentale. Pourtant, les chiffres sont frappants: seulement 20 à 30 % des répondants au sondage Gallup disent avoir un meilleur ami au travail et 34 % se sentent isolés « toujours » ou «la plupart du temps», selon un sondage KPMG.

Même dans des équipes performantes, la solitude s’installe. Et elle est encore plus marquée chez les gestionnaires, qui doivent souvent garder une certaine distance, faire preuve de retenue, ou porter des décisions difficiles sans toujours pouvoir les partager.

C’est là que le parallèle devient évident avec un autre texte publié dans Revue Gestion : « Seul au sommet : la réalité unique du PDG » (Chênevert, Bourgoin, Gril).
On y lit notamment que près de 50 % des dirigeants se sentent isolés.

Le pouvoir, les attentes, la pression, l’image à maintenir, le manque de pairs à qui se confier : tout cela crée une distance sociale et émotionnelle réelle.

Seul… même entouré

Dans les équipes, la solitude est réelle. Mais chez les gestionnaires, elle est souvent amplifiée. Difficile d’exprimer ses doutes à ses pairs, délicat de tout partager avec ses équipes. Plus on monte, plus la distance s’installe, parfois malgré soi.

Les travaux de Denis Chênevert et Alaric Bourgoin (HEC Montréal) le rappellent :

« Lorsqu’on est PDG, on a souvent le sentiment de porter de lourdes responsabilités et d’être seul au sommet. »

Pressions, décisions difficiles, devoir de réserve, perception du pouvoir… Les dirigeants se retrouvent souvent à naviguer dans un espace où la confiance est prudente et où les conversations profondes sont rares. Plus de 75 % d’entre eux disent d’ailleurs avoir besoin d’être mieux entourés (Chênevert, Bourgoin, Gril).

C’est aussi ce que viennent chercher les leaders à l’EMBA

Ce phénomène, on le voit chaque année dans notre programme EMBA McGill–HEC Montréal.

Bien sûr, les participants viennent acquérir des compétences, élargir leurs perspectives, renforcer leur posture de leader. Mais il y a autre chose, parfois inconscient au départ : le besoin d’être entouré de personnes qui comprennent réellement leur réalité.

Pas un réseau pour « monter », mais un réseau pour rester humain.
Des amitiés, oui, mais surtout un espace où l’on peut parler vrai, échanger sur ses enjeux, sortir de l’isolement, réfléchir avec des pairs qui vivent les mêmes pressions.

Une diplômée, Anik Girard (EMBA 2014), l’a exprimé mieux que quiconque lors de sa graduation :

« Je ne serai plus jamais seule. » (Voir la vidéo complète 📽️)

Et elle avait raison. Les cohortes continuent de se revoir 10, 12 ans plus tard. Pas parce qu’ils se parlent chaque semaine, mais parce que le lien existe. Parce qu’ils ont traversé ensemble une aventure humaine, notamment dans un module comme le Reflective Mindset, où l’on dépose enfin le masque du leader infaillible.

Un EMBA comme antidote à l’isolement

Dans un monde où les gestionnaires n’ont que trop peu d’espaces pour échanger en confiance sur ce qu’ils vivent, un programme comme l’EMBA devient plus qu’une formation. Il devient un lieu de respiration. Un lieu d’apprentissages, mais aussi un cercle de pairs : solide, durable, profondément humain.

Créer des liens significatifs n’est pas un luxe : c’est un besoin humain fondamental. Et pour les leaders, c’est souvent la clé pour retrouver du sens, du courage, et la capacité de prendre soin des autres… sans s’oublier.

Parce qu’au fond, pour bien diriger, personne n’a intérêt à être seul au sommet.

Sources citées :
– Alain Gosselin, professeur à HEC Montréal et professeur au programme EMBA McGill–HEC Montréal, La Presse, « La solitude au travail », 25 novembre 2025. 

– Denis Chênevert, Alaric Bourgoin et Emmanuelle Gril, « Seul au sommet : la réalité unique du PDG », Gestion – HEC Montréal, Printemps 2022.

*Article révisé avec ChatGPT